Les « produits chimiques éternels » de 3M : des dirigeants qui ont trompé une scientifique
Il y a des décennies, Kris Hansen a montré que les substances PFAS de 3M se trouvaient dans le corps humain. Ses supérieurs ont mis fin à ses recherches. Alors que l’EPA impose aujourd’hui leur élimination de l’eau potable, elle se confronte aux secrets que 3M lui a cachés, ainsi qu’au reste du monde.
- Kris Hansen travaillait comme chimiste chez 3M depuis environ un an lorsque son supérieur, Jim Johnson, lui a confié une mission étrange : tester une contamination chimique dans le sang humain.
- Plusieurs produits à succès de 3M contenaient des composés fluorés. Ces composés protégeaient le cuir et les textiles contre les taches, empêchaient les emballages alimentaires d’être mouillés et étaient utilisés dans les mousses anti-incendie.
- Johnson a expliqué à Hansen qu’un produit chimique appelé PFOS se retrouvait souvent dans l’organisme des employés des usines 3M, et qu’un laboratoire externe en avait récemment mesuré le niveau dans leur sang. Mais le contaminant a aussi été détecté dans le sang du grand public.
Les recherches et découvertes de Hansen
- Hansen a analysé des échantillons sanguins en laboratoire et a confirmé la présence de PFOS dans le sang.
- Elle a communiqué les résultats à son supérieur, qui a répondu : « Cela change tout », avant de rentrer dans son bureau sans autre explication.
- Hansen pensait que ses recherches chez 3M seraient traitées avec prudence, comme celles menées sur d’autres substances chimiques telles que les PCB.
La réaction de 3M
- Johnson a annoncé un départ anticipé à la retraite, laissant Hansen sans consignes sur l’orientation à donner à ses travaux.
- 3M avait déjà mené, 20 ans plus tôt, des expériences animales montrant la toxicité du PFOS, mais les résultats sont restés secrets.
- Les supérieurs de Hansen ont mis ses résultats en doute et lui ont demandé à plusieurs reprises de revérifier les équipements et les méthodes expérimentales.
L’histoire de 3M et des composés fluorés
- 3M a été fondée en 1902 et a développé une grande variété de produits innovants.
- Les composés fluorés trouvent leur origine dans les efforts américains pour fabriquer la bombe atomique pendant la Seconde Guerre mondiale.
- Après la guerre, 3M a vendu du PFOA à DuPont pour son utilisation dans le Téflon, puis a développé Scotchgard et Scotchban.
L’expérience personnelle de Hansen
- Hansen a présenté les résultats de ses recherches chez 3M, mais a fait face au scepticisme et aux reproches de ses collègues.
- On lui a ordonné de ne mener que des expériences limitées, au motif que ses travaux pouvaient nuire à l’entreprise.
- 3M a signalé à l’EPA la détection de PFOS dans des échantillons de sang, sans mentionner les résultats des études animales.
Les décisions de 3M concernant le PFOS
- En 2000, 3M a décidé d’arrêter la production de substances chimiques liées au PFOS.
- Hansen s’est réjouie de cette annonce, mais s’est sentie mise à l’écart dans l’entreprise et a été transférée dans un autre service.
- Lorsqu’elle a fait analyser son propre échantillon sanguin, elle a découvert un faible niveau de PFOS et a compris que le produit chimique pouvait être transmis au fœtus.
Les regrets et prises de conscience de Hansen
- Hansen est restée silencieuse sur le PFOS pendant 20 ans, mais la lecture de recherches récentes l’a plongée dans un profond regret.
- Elle ressent de la colère face à l’ampleur des informations cachées par 3M, et réfléchit au secret entretenu par l’entreprise ainsi qu’à son propre rôle.
L’avis de GN⁺
- Alerte sur l’environnement et la santé : cet article rappelle les effets des substances chimiques sur l’environnement et la santé humaine. Il souligne en particulier les dangers des « produits chimiques éternels » comme les PFAS.
- Responsabilité des entreprises : il montre l’importance, pour de grands groupes comme 3M, de communiquer en toute transparence sur la sécurité de leurs produits et de réagir rapidement face aux risques potentiels.
- Le dilemme éthique des scientifiques : l’expérience de Hansen illustre bien les dilemmes éthiques auxquels les scientifiques peuvent être confrontés au sein d’une entreprise. Cacher ou déformer des résultats de recherche peut créer de graves problèmes à long terme.
- Des cas similaires : comparable à l’affaire du Téflon chez DuPont, ce cas montre que des entreprises dissimulent souvent les dangers de certaines substances chimiques alors même qu’elles en ont connaissance. Cela souligne la nécessité d’une surveillance stricte par les autorités de régulation.
- Points à considérer lors de l’adoption de technologies : avant d’introduire de nouvelles substances chimiques ou technologies, il faut examiner rigoureusement leurs effets à long terme sur l’environnement et la santé humaine. Ignorer ou dissimuler des résultats initiaux de recherche peut entraîner des risques majeurs.
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