Le différend juridique entre Tom Waits et Frito-Lay
Aperçu de l’affaire
- Position de Tom Waits : Tom Waits s’est toujours fermement opposé à l’utilisation de sa musique dans des publicités commerciales. Il ne voulait pas que sa musique soit réduite à un simple support publicitaire.
- Publicité de Frito-Lay : En 1988, Frito-Lay a produit une publicité pour promouvoir son nouveau produit, SalsaRio Doritos, en utilisant un morceau très similaire à la chanson de Waits, "Step Right Up". Dans cette publicité, Stephen Carter a chanté en imitant la voix de Waits.
- Réaction de Waits : Lorsque Waits a entendu cette publicité pour la première fois, il a été furieux et a craint que le public ne pense qu’il avait participé à la publicité pour Doritos.
Réponse juridique
- Dépôt d’une plainte : En novembre 1988, Waits a intenté une action en justice contre Frito-Lay et son agence de publicité, Tracy-Locke Inc. Les principales allégations étaient les suivantes :
- Violation du Lanham Act : fausse indication d’origine, fausse description et fausse représentation.
- Appropriation de voix : appropriation de voix au regard du droit californien.
- Faux soutien : utilisation de sa voix sans l’autorisation de Waits, laissant croire aux consommateurs qu’il soutenait le produit.
Résultat judiciaire
- Verdict du jury : Lors du procès tenu en avril et mai 1990, le jury a statué en faveur de Waits. Waits a obtenu un total de 2,6 millions de dollars de dommages-intérêts :
- Dommages compensatoires : 375 000 dollars.
- Dommages punitifs : 2 millions de dollars.
- Indemnisation pour violation du Lanham Act : 100 000 dollars.
- Frais d’avocat : 125 000 dollars.
Appel et décision finale
- Appel : Frito-Lay et Tracy-Locke ont fait appel du jugement le 3 décembre 1991. Les principaux arguments étaient les suivants :
- Waits n’avait pas qualité pour agir au titre du faux soutien.
- Le jugement concernant l’appropriation de voix ne serait plus valable.
- Décision finale : Le 5 août 1992, la cour d’appel du neuvième circuit a décidé de ne pas accorder de dommages-intérêts cumulatifs au titre du Lanham Act, mais a confirmé l’ensemble des autres points du jugement.
Importance de l’affaire
- Protection de l’image publique : Cette affaire a renforcé le droit des personnalités publiques à empêcher l’utilisation commerciale non autorisée de leur voix ou de leur image.
- Frontière entre publicité et art : Waits ne voulait pas que sa musique soit réduite à un simple outil publicitaire, et cette affaire reste un exemple important du respect dû aux créations des artistes.
L’avis de GN⁺
- Protection des droits des artistes : Cette affaire montre à quel point il est important pour un artiste de conserver le contrôle sur ses créations. Cela peut aussi servir de leçon importante à d’autres artistes.
- Éthique de la publicité : Les annonceurs et agences de publicité doivent assumer leur responsabilité éthique lorsqu’ils utilisent l’image de célébrités. Cela peut également inspirer davantage de confiance aux consommateurs.
- Difficulté des recours juridiques : Comme Waits l’a mentionné, les litiges peuvent être très longs et générer beaucoup de stress. Mais lorsqu’une réponse est nécessaire, il faut agir.
- Recommandation d’alternative : Lorsqu’on utilise de la musique dans une publicité, il est important d’obtenir l’autorisation de l’auteur original. Cela permet d’éviter des problèmes juridiques.
1 commentaires
Commentaires Hacker News
Résumé des commentaires de Hacker News
J’ai découvert cette affaire en réécoutant l’album "Step Right Up" de Tom Waits. Heureux que Tomcat ait gagné. Je vois des similitudes avec l’affaire Scarlett Johansson vs. OpenAI.
Tom Waits a fait la narration d’une publicité pour de la nourriture pour chiens, mais son intégrité artistique reste intacte.
"Two and a half million bucks. Spent it all on candy."
Tom Waits n’a pas poursuivi Frito-Lay pour violation du droit d’auteur.
Si Frito-Lay avait réellement obtenu une licence sur les droits de l’enregistrement, Tom Waits n’aurait pas pu gagner au tribunal.
Explication du principe de préemption fédérale en droit d’auteur.
Il est intéressant que la plainte vise Frito-Lay plutôt que PepsiCo.
Les créateurs de contenu d’aujourd’hui devraient adopter le point de vue de Tom Waits.
Avis selon lequel les politiciens devraient porter des vêtements avec les logos de leurs sponsors.
L’histoire de Tom Waits dans son litige avec un artiste de cirque français est mon anecdote préférée.
"The large print giveth and the small print taketh away." ―Tom Waits
Frito-Lay a pu diffuser la publicité, mais cela lui a coûté 2,5 millions de dollars.
Le lien m3u est cassé, mais l’enregistrement de "corn chip sermon" se trouve sur le même site.
Discussion sur les cas où, après le succès d’un film, un dessin animé embauche un doubleur à la voix similaire.