3 points par GN⁺ 2025-12-28 | Aucun commentaire pour le moment. | Partager sur WhatsApp
  • Les canaux de communication entre humains se transforment progressivement en réseaux de distribution de contenu, révélant un phénomène où la consommation prime sur la connexion
  • Des protocoles comme ActivityPub ont été conçus comme des spécifications centrées sur la “distribution de contenu”, où l’efficacité de la consommation de divertissement passe avant la fiabilité des messages
  • Les réseaux sociaux se présentaient comme des outils de communication, mais ont en réalité fonctionné comme des systèmes médiatiques qui captent l’attention et le temps
  • Les moyens de communication asynchrones fiables comme l’e-mail, RSS ou XMPP sont progressivement délaissés, car jugés « ennuyeux » et peu rentables
  • Les utilisateurs considèrent comme normal d’avoir plusieurs comptes sur différentes plateformes et acceptent des expériences dépendantes de la plateforme plutôt que l’interopérabilité entre plateformes
  • Partant de ce constat, l’auteur en arrive à la conclusion qu’il quittera les plateformes grand public pour choisir délibérément d’autres voies de communication

Le basculement de la communication vers le divertissement

  • Tous les canaux de communication se dégradent en réseaux de diffusion de contenu, si bien que les gens se divertissent davantage tout en étant moins connectés
  • À l’occasion du débat autour de Pixelfed et du Fediverse, une différence de perception entre protocoles de communication et protocoles de consommation de contenu est apparue
    • Certains voient ActivityPub comme un moyen de communication entre personnes, tandis que d’autres le perçoivent comme une plateforme de consommation de contenu
  • La définition officielle d’ActivityPub est celle d’un « protocole de réseau social pour la distribution de contenu », avec un accent mis sur la transmission de publications plutôt que sur la communication

Fragmentation des comptes et dépendance aux plateformes

  • Le but de l’interopérabilité est de créer un environnement où il n’est pas nécessaire de multiplier les comptes, mais la réalité évolue dans le sens inverse
  • Les grandes plateformes renforcent l’idée qu’un compte distinct est nécessaire pour chaque plateforme, afin d’encourager la dépendance des utilisateurs
  • Beaucoup d’utilisateurs conservent même dans le Fediverse la philosophie « une plateforme = un compte », ce qui affaiblit le concept de communication fédérée à la manière de l’e-mail

Le changement de nature des réseaux sociaux

  • Les réseaux sociaux ne fonctionnent plus comme des réseaux de communication, mais comme des plateformes de divertissement
  • L’illusion des réseaux sociaux comme outils de communication à l’époque du « Printemps arabe » était mensongère ; leur objectif réel était de maximiser le temps passé et la consommation de contenu
  • Même les réseaux décentralisés fonctionnent comme « télévision 2.0 » plutôt que « e-mail 2.0 »
    • Les utilisateurs produisent eux-mêmes le contenu, mais la structure reste similaire à un système centralisé de consommation médiatique

L’effondrement de la confiance dans les messages

  • Les utilisateurs habitués aux plateformes fondées sur des algorithmes ne perçoivent pas la perte de messages comme un problème
  • Une culture de communication centrée sur l’immédiateté se diffuse, où l’on doute même de la réception d’un message s’il n’y a pas de réponse immédiate
  • Selon des recherches, la plupart des contenus vus sur les réseaux sociaux sont oubliés en quelques secondes, ce qui les empêche de fonctionner comme des moyens de communication fiables
  • Certains outils du Fediverse, comme Pixelfed ou PeerTube, présentent des omissions d’affichage de messages, pointées comme une limite structurelle
  • Pixelfed prévoit d’ajouter à l’avenir une option pour éviter la disparition de messages textuels

Le déclin de l’e-mail et de la communication asynchrone

  • L’e-mail est un moyen de communication asynchrone et fiable, mais les jeunes générations le perçoivent comme « dépassé » ou « formel »
  • La boîte mail de nombreux utilisateurs s’est transformée en une structure de flux remplie de publicités et de spam
  • À l’inverse, certains utilisateurs maintiennent une stratégie Inbox Zero et continuent d’utiliser l’e-mail comme un outil de communication intentionnel

L’économie de « l’ennui » et de l’addiction

  • Les protocoles de communication traditionnels comme e-mail, RSS, IRC ou XMPP sont aboutis, mais peu rentables
  • Ils n’offrent ni stimulation dopaminergique ni caractère addictif, ce qui les rend peu attractifs pour l’industrie publicitaire
  • Plus que la communication elle-même, c’est l’« interaction transformée en divertissement » qui crée la plus grande valeur économique
  • Certains humains ont depuis le départ davantage recherché l’attention et la consommation que la communication, et c’est ainsi que les géants de la tech ont accumulé d’immenses richesses

Revenir à la « vraie communication »

  • À titre personnel, l’auteur rejette le « mythe de la masse critique » selon lequel il faudrait être connecté au plus grand nombre
    • Plutôt que de viser une connexion avec tout le monde, il choisit une communication fiable avec un petit nombre de personnes qui comptent
    • Il revient à des moyens volontairement ennuyeux mais stables, comme l’e-mail, RSS, les mailing lists ou des outils hors ligne
    • Il utilise le navigateur centré sur le hors ligne Offpunk pour poursuivre une communication asynchrone
  • Il existe des refuges pour la minorité qui veut de véritables échanges plutôt qu’une connectivité totale, et l’auteur pense que c’est la voie qu’il doit suivre

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