2 points par GN⁺ 2024-02-28 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp

Lacunes dans la culture de sécurité de Boeing : rapport de la FAA

  • La FAA a publié un rapport de 50 pages indiquant que la culture de sécurité de Boeing présente des défaillances.
  • Le panel d’experts a relevé des défauts dans la culture de sécurité de Boeing et a souligné que la majorité des employés ne maîtrisent pas suffisamment les notions de base liées au signalement des problèmes de sécurité.
  • Le panel n’a trouvé ni canal ni procédure de signalement de sécurité cohérents et clairs au sein de Boeing, et a constaté que les employés ne comprennent pas comment utiliser les différents systèmes de signalement, ni quand utiliser tel ou tel système.

Exigence d’un plan d’action de Boeing

  • Le rapport conclut que Boeing avait auparavant fourni une feuille de route pour mettre en œuvre l’Organization Designation Authorization (ODA) et le Safety Management System (SMS), mais n’a pas encore achevé les changements décrits dans cette feuille de route.
  • Le rapport recommande à Boeing d’élaborer un plan d’action comprenant une approche « fondée sur des jalons » pour traiter chaque recommandation et d’en partager les résultats avec la FAA.

L’avis de GN⁺

  • Ce rapport souligne l’importance de la sécurité aérienne et la nécessité d’une surveillance continue de la culture de sécurité des grands constructeurs aéronautiques. Étant donné que les défaillances de la culture de sécurité dans des entreprises comme Boeing peuvent avoir un impact direct sur la sûreté du transport aérien, ce type de rapport joue un rôle essentiel pour alerter l’ensemble du secteur.
  • Le rapport de la FAA indique que Boeing doit renforcer son Safety Management System et clarifier ses procédures internes de signalement, offrant ainsi à d’autres avionneurs l’occasion de prévenir à l’avance des problèmes similaires et de les corriger.
  • Le plan d’action visant à améliorer la culture de sécurité de Boeing pourrait servir de bonne pratique pour fixer des standards sectoriels et aider d’autres constructeurs aéronautiques à renforcer leur système de gestion de la sécurité.
  • Lors de l’adoption de ce type d’approche, une formation des employés et un investissement continu dans la culture de sécurité sont nécessaires, ce qui peut conduire à une amélioration de la sécurité à long terme et à une réduction des coûts.
  • Les bénéfices qu’un grand constructeur aéronautique comme Boeing peut tirer d’un renforcement de sa culture de sécurité résident dans une amélioration de la sécurité du transport aérien et un gain de confiance dans la marque, tandis que les inconvénients tiennent à l’augmentation des coûts à court terme et à la nécessité de surmonter les résistances liées aux changements organisationnels.

1 commentaires

 
GN⁺ 2024-02-28
Avis Hacker News
  • Les lacunes relevées dans le rapport concernent la « culture juste » (Just Culture) et la « culture du signalement » (Reporting Culture).

    • Les cinq éléments clés d’une culture de la sécurité :
      • Culture informée (Informed Culture) : l’organisation collecte et analyse les données pertinentes et diffuse activement les informations liées à la sécurité.
      • Culture du signalement (Reporting Culture) : instaurer un climat où les employés peuvent signaler des problèmes de sécurité sans crainte d’être blâmés. Les employés doivent savoir que les informations signalées resteront confidentielles et feront l’objet d’un traitement.
      • Culture d’apprentissage (Learning Culture) : l’organisation apprend de ses erreurs et évolue. Elle veille aussi à ce que chacun comprenne personnellement les processus du SMS (système de gestion de la sécurité).
      • Culture juste (Just Culture) : les erreurs involontaires et les comportements dangereux ne sont pas sanctionnés. En revanche, les personnes qui agissent de manière imprudente ou prennent des risques injustifiables restent passibles de mesures disciplinaires.
      • Culture flexible (Flexible Culture) : l’organisation et ses membres peuvent s’adapter efficacement à l’évolution des exigences.
    • Sources : rapport de la FAA, Air Safety
  • Certains critiquent les dirigeants de Boeing, estimant qu’ils maximisent leurs propres intérêts tout en faisant supporter les coûts à l’entreprise, à l’économie et aux contribuables américains. Selon eux, ce comportement semble criminel.

  • Un commentaire estime que cela semble confirmer une opinion déjà largement répandue : la culture de la sécurité aurait commencé à se dégrader après la fusion de 1997 avec McDonnell Douglas.

  • Un commentaire soupçonne que la complexité du système de signalement, ainsi que le fait que les employés ne sachent pas comment l’utiliser, pourraient venir du fait que l’entreprise ne souhaite pas réellement recevoir de signalements.

  • Un intervenant rappelle qu’il y a 20 ans, on aurait pu penser qu’il n’y aurait jamais aux États-Unis d’autres constructeurs automobiles que le Big Three (Ford, GM, Chrysler), alors qu’aujourd’hui Tesla et d’autres acteurs existent. Il demande s’il y a une entreprise américaine qui pourrait devenir une alternative à Boeing dans 20 ans.

  • Suggestion : l’équipe chargée des incidents de sécurité ne devrait avoir absolument aucun lien avec les ressources humaines. Elle ne devrait pas pouvoir licencier des employés ni influer sur les évaluations de performance, mais uniquement consigner et enquêter sur les problèmes liés à la sécurité.

  • Selon un commentaire, le véritable problème chez Boeing est que la catastrophe de conception du MCAS et le bouchon de porte défectueux ne sont pas des incidents isolés, mais les symptômes d’un problème beaucoup plus large. Il exprime son inquiétude quant aux défauts cachés qui pourraient exister sur les avions actuellement en service et aux problèmes qu’ils pourraient provoquer à l’avenir.

  • Un commentaire souligne que le problème n’est pas que Boeing n’a pas de politiques ou de procédures de sécurité, mais que personne ne les connaît, si bien que rien n’est signalé ni corrigé. Il se demande quelle est la situation chez Airbus et Embraer.

  • Un commentaire remarque qu’il est difficile pour les MBA d’attribuer une valeur en dollars à une culture de la sécurité. Une personne dit avoir vécu quelque chose de similaire dans le domaine de la sécurité réseau.

  • Question posée : lorsque la direction d’une entreprise érode les pratiques de sécurité de manière irresponsable, existe-t-il une responsabilité pénale individuelle ? Selon un avis, poursuivre les hauts dirigeants pour des comportements délibérément néfastes ayant conduit à des morts pourrait aider à rétablir la culture.