1 points par GN⁺ 2024-06-17 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp

Dans une première affaire du genre, un juge du NLRB déclare les clauses de non-concurrence comme une pratique déloyale de travail

Les clauses de non-sollicitation des collègues sont elles aussi déclarées illégales pour la première fois

  • Aperçu de l’affaire

    • La juge de droit administratif (ALJ) Sarah Karpinen a rendu une décision dans l’affaire J.O.Mory, Inc..
    • L’affaire porte principalement sur le licenciement d’un organisateur syndical embauché puis renvoyé après avoir cherché à organiser ses collègues.
    • Les activités d’organisation syndicale sont protégées, et licencier quelqu’un pour ce motif constitue une pratique déloyale de travail.
    • La juge a ordonné à l’employeur de réintégrer l’organisateur syndical licencié et de lui verser son salaire.
  • Clause de non-concurrence

    • La clause de non-concurrence interdit à l’employé, pendant 12 mois après son départ, d’exercer dans une activité concurrente de celle de l’employeur.
    • L’ALJ a estimé que cette clause était excessivement large et qu’elle pouvait dissuader les employés de participer à des activités protégées.
    • Si un employé est licencié, il peut devenir difficile pour lui de trouver un emploi similaire dans la région, ce qui peut l’amener à craindre de prendre part à des activités protégées.
  • Clause de non-sollicitation des collègues

    • La clause de non-sollicitation des collègues interdit à l’employé, pendant 24 mois après son départ, d’inciter d’autres salariés à quitter l’entreprise.
    • L’ALJ a estimé que cette clause pouvait empêcher les salariés d’informer leurs collègues des salaires et avantages obtenus par le syndicat.
    • Elle peut aussi dissuader les salariés d’appeler leurs collègues à agir collectivement pour améliorer leurs conditions de travail.

L’avis de GN⁺

  • Protection de l’activité syndicale : cette décision constitue un cas important pour la protection de l’activité syndicale, en aidant les salariés à ne pas craindre d’y participer.
  • Problèmes des clauses de non-concurrence : lorsque les clauses de non-concurrence sont trop larges, elles peuvent restreindre la liberté des salariés dans le choix de leur emploi.
  • Problèmes des clauses de non-sollicitation des collègues : ces clauses peuvent freiner le partage d’informations entre salariés ainsi que l’action collective.
  • Précédent juridique : cette décision pourrait devenir un précédent juridique important dans des affaires similaires à l’avenir.
  • Renforcement des droits des travailleurs : cette décision contribue à renforcer les droits des travailleurs et à empêcher les employeurs de les contraindre au moyen de clauses abusives.

1 commentaires

 
GN⁺ 2024-06-17
Avis sur Hacker News
  • Les clauses de non-concurrence sont intéressantes. Une entreprise interdit à ses managers de fournir des lettres de recommandation aux employés. Comme cela nuit à la recherche d’un autre emploi, cela pourrait être considéré comme une pratique de travail déloyale. J’ai l’impression que l’entreprise a beaucoup de pratiques d’embauche opaques.

  • Le salting (se faire embaucher pour mener une activité syndicale) est une activité protégée, et mentir sur ses antécédents professionnels l’est aussi. J’apprends que se faire licencier à cause du salting constitue une pratique de travail déloyale.

  • J’espère que cette liberté supplémentaire favorisera la hausse des salaires et les efforts des employeurs pour retenir les salariés grâce aux avantages.

  • Il n’est pas nécessaire d’interdire les clauses de non-concurrence ; il suffirait de verser automatiquement, dans la semaine suivant la fin du contrat, un salaire correspondant au double de la durée de non-concurrence stipulée dans le contrat.

  • La FTC (Federal Trade Commission) cherche à interdire les clauses de non-concurrence. Je travaille dans les services financiers, et le fait que ces clauses soient légalement autorisées me paraît étrange. Les appliquer en particulier à des postes débutants ou à des travailleurs à temps partiel est excessif.

  • Dans la finance, le salaire de base est versé pendant le "garden leave", mais c’est trompeur pour les postes de haut niveau où les bonus représentent plus de 50 % de la rémunération. Certaines entreprises suspendent aussi l’assurance santé. Il arrive même que les clauses de non-concurrence soient prolongées au-delà de 18 mois. J’ai aussi connu une clause de non-concurrence de 5 ans. Le libre marché ne fonctionne pas correctement et des garde-fous juridiques sont nécessaires.

  • Je me demande quelle autorité aura réellement cette décision. Elle risque d’être facilement contestée en appel et annulée.

  • Si les clauses de non-concurrence sont nécessaires, on peut mettre en place un accord de garden leave. Le salarié ne travaille pas pendant la période de préavis, mais continue d’être payé. Dans le secteur financier, des périodes de garden leave de 6 ou 12 mois sont courantes.

  • Cet avis est raisonnable. Si vous avez été formé comme plombier et avez travaillé chez ACME Plumbing Inc., puis qu’après votre départ vous ne pouvez pas travailler ailleurs pendant 24 mois, cela signifie que vous devez devenir chauffeur Uber.

  • Les clauses de non-concurrence sont inapplicables au Royaume-Uni. Si une compétence ou un savoir particulier a trop de valeur pour que vous puissiez travailler ailleurs, alors on devrait vous verser un salaire via le garden leave.

  • Comme la Cour suprême adopte une ligne dure à l’égard des juges administratifs, cette décision pourrait être invalidée. D’autres institutions seraient plus appropriées pour prendre des décisions de politique publique sur les clauses de non-concurrence. Cette juridiction souhaite que les agences et les responsables politiques jouent un rôle sur ces questions.