2 points par GN⁺ 2025-01-23 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp
  • Les chercheurs utilisent des enquêtes pour trouver des liens entre les aliments consommés et l’état de santé, mais des travaux récents montrent que cette approche n’est pas fiable. De nombreuses personnes sous-déclarent ce qu’elles mangent, au point que plus de la moitié des données des bases pourraient être erronées.

  • Des chercheurs ont élaboré une équation permettant d’évaluer la précision des questionnaires alimentaires à l’aide d’une technique qui mesure la dépense énergétique. Cette équation indique que de nombreuses études reposent sur des données incorrectes.

  • Les questionnaires alimentaires sont peu fiables, car les gens peuvent avoir du mal à se souvenir de ce qu’ils ont mangé ou à le déclarer correctement. Certains chercheurs estiment qu’il faut abandonner ces enquêtes.

  • La technique de l’eau doublement marquée (DLW) permet de mesurer avec précision la dépense énergétique et montre, lorsqu’elle est utilisée avec des enquêtes, que les personnes ont tendance à sous-déclarer leur consommation.

  • Les chercheurs ont analysé les enregistrements des bases de données NHANES et NDNS à l’aide de la technique DLW, et ont constaté que les apports déclarés par de nombreuses personnes étaient inférieurs à la plage prédite.

  • Ces résultats suggèrent que la recherche en épidémiologie nutritionnelle repose sur des données erronées, ce qui pourrait expliquer pourquoi les études en nutrition aboutissent souvent à des résultats contradictoires.

  • Les chercheurs s’efforcent de développer de nouvelles méthodologies pour améliorer l’épidémiologie nutritionnelle sans dépendre des enquêtes. Par exemple, des travaux sont en cours sur des journaux alimentaires photographiques, des caméras portables et des capteurs de mouvement et audio.

  • Pour l’instant, ces nouvelles méthodes ne sont pas encore prêtes à être déployées à aussi grande échelle que les enquêtes, mais les chercheurs peuvent utiliser des équations permettant d’estimer l’ampleur des fausses déclarations et de l’intégrer dans les études. Ils soulignent qu’il faut recourir à de nouvelles technologies pour améliorer l’épidémiologie nutritionnelle.

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GN⁺ 2025-01-23
Commentaire Hacker News
  • Des recherches menées par Google AI et SnapCalorie montrent que les gens ont confiance en leur capacité à estimer visuellement la quantité de nourriture, mais qu’en réalité l’erreur moyenne est de 53 %. Même les experts formés ont une erreur de 40 %. Pour améliorer la précision, il faut utiliser une balance alimentaire ou des outils de mesure du volume. Ce qui inquiète le plus les gens, ce sont les huiles, les graisses de cuisson et les ingrédients cachés, mais en pratique, c’est l’estimation des quantités qui génère les plus grosses erreurs. Une analyse détaillée des erreurs est disponible dans l’article Nutrition5k

  • Les personnes qui suivent et mesurent tout rencontrent des difficultés avec les sauces, le temps de cuisson, la perte de nutriments dans les restes, ou encore les repas consommés en plusieurs fois. C’était facile en vivant seul et en mangeant surtout des aliments emballés et des légumes crus, mais cela devient difficile avec des repas partagés et des ingrédients variés

  • Beaucoup de gens ont une approche émotionnelle des ressources, et il est difficile de résoudre cela par la logique. L’alimentation ressemble aux finances. Le concept d’apport et de dépense caloriques est simple, mais sa mise en pratique est difficile. Les gens se mentent à eux-mêmes ou tombent dans des dilemmes philosophiques, et finissent souvent par céder à leurs envies

  • J’ai essayé d’utiliser My Fitness Pal pour calculer les calories, mais cela demande beaucoup d’efforts. Il est difficile de faire des calculs précis au restaurant. Si l’on inclut les sauces et les huiles, la précision chute. La meilleure méthode est de l’éviter complètement pour ne pas avoir à calculer

  • Les gens sont mauvais pour déclarer quoi que ce soit : exercice, alimentation, vie sexuelle, grooming, etc. Imaginer qu’il existe une population qui rapporte précisément ces choses pour les besoins d’une expérience scientifique est un exemple de naïveté

  • Certains scientifiques essaient de répondre à la question de savoir si le café, le vin et le chocolat sont bons pour la santé. Il existe d’innombrables facteurs de confusion, des facteurs génétiques, l’heure des repas, le niveau d’exercice, etc. C’est un problème de type 80/20 : mieux vaut faire les 80 % et oublier les 20 % restants. Si votre corps et votre esprit vont bien, un verre de vin ou un morceau de chocolat de temps en temps n’aura probablement pas d’effet majeur

  • La plupart des études ne dépendent pas de l’exactitude absolue de la consommation alimentaire. Les résultats sont présentés en termes relatifs. Par exemple, pour vérifier si la consommation de café le matin est associée à la longévité, ce n’est pas forcément un gros problème même si l’on pense que tout le monde sous-déclare ce qu’il mange

  • Les recherches sur le sommeil se font en clinique et ne reposent pas sur l’auto-déclaration des patients. Si l’on veut des données précises, il faut mener une vraie étude et fournir directement les repas

  • Les gens sont particulièrement mauvais pour comprendre l’apport calorique de l’alcool. Les glucides et les protéines apportent 4 calories par gramme, l’alcool 7 calories et les lipides 9 calories. Lors de la tendance des aliments low carb, Bacardi faisait la promotion de son rhum sans glucides, mais tous les spiritueux forts non aromatisés sont sans glucides et restent pourtant très caloriques

  • Il est généralement admis que les gens déclarent mal la plupart des choses qui les concernent. Si l’on attend une étude rigoureuse, mieux vaut utiliser des appareils portables ou des moniteurs intelligents